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Le jour d'un déchirement de collant

Collant noir, cinquante deniers

Couvrant mes jambes pour me donner féminité

Commence à se déchirer

Doucement apparaît cette vague de files irrégulières

Qui se laisse y découvrir ma chère chair

La photographie peut prétendre à être du voyeurisme, une certaine observation que l’on fige, un souvenir conservé par celui qui est attiré.

Voleuse d’une mémoire, un nouvel attachement expérimental m’a touchée, celui du collant.

Je l’ai alors photographié sous toutes ses coutures. 

 

Le projet Effilé s’articule en trois temps : la juste beauté du sujet, le fétichisme de l’objet et son impact sociétal.

 

Le côté éphémère du collant de par sa fragilité, participe à celle du monde qui s’effiloche dans une mondialisation ; où le vêtement n’est devenu que trop jetable, et où l’on ne parvient plus à valoriser l’usure, la déchirure.

 

Pourtant, une paire de collants filés est d’autant plus érotique, elle donne davantage envie de la sur-déchirer, d’y passer ses doigts, de l’embrasser, et pourquoi pas de la réutiliser ?

Un tracé se dessine après le passage d’un accroc, une délicate pointe saillante traverse cette nuée de fils et dégrade le collant si compacte et ferme initialement.

 

Cette fragilité du vêtement, qui le rend si sensible aux accidents, a été le point de départ de mon projet. 

C’est lorsque mes collants se sont déchirés que j’ai vu apparaître des formes sensibles prêtes à être saisies et, en moi, le désir de mettre en lumière les différentes dimensions qu’ils possèdent sous plusieurs formes plastiques. 

 

La série Effilé travaille l’image du collant dans son intimité grâce au microscope et aux photogrammes ainsi que sa réalité avec des photographies analogiques et des transformations numériques.

 

C’est un projet photographique en perpétuelle évolution qui songe à la contemplation romantique et à l‘éphémérité d’un déchirement de collant. 

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